Clés USB, iPod et guerre en Afghanistan

Deux modèles de drones de l’armée américaine auraient été victimes d’un virus informatique fin septembre 2011, selon wired. La présence du virus n’affecterait pas l’utilisation de l’appareil, mais il semble qu’il mémoriserait tous les mouvements effectués par les drones. Selon plusieurs sources de wired, les services de sécurité ne sont pas parvenus à éradiquer ce virus, dont on ignore tout :

« Nous pensons qu’il n’est pas très dangereux… Mais on n’en sait trop rien. »

La perplexité des autorités quant à ce virus en dit long sur le problème que posent les attaques informatiques à la fois aux Etats, mais aussi aux entreprises.

Une arme de destruction massive de poche

Dans l’excellent documentaire La guerre invisible, Antoine Vitkine revient sur les plus grandes cyber-attaques opérées ces dernières années, et notamment le virus Stuxnet, qui visait le programme nucléaire Iranien en 2010. Les drones américains, tout comme les centrales iraniennes, ne sont pas reliés à internet afin de se prévenir d’éventuelles attaques, mais c’est par des clés USB ou disques durs externes que le virus a été transmis. Il se propage d’abord dans les ordinateurs personnels des zones proches des centrales, passe ensuite par un support amovible (ou peut-être tout simplement un iPod), et arrive enfin dans le réseau informatique des centrales. Conséquences de cette attaque, le programme nucléaire iranien a été bloqué pendant plusieurs mois, tout comme l’économie de l’Estonie s’était retrouvée paralysée suite à une cyber-attaque russe en 2007.

Face à des risques qu’on ne maîtrise pas, les entreprises se protègent également : des portiques dignes des aéroports américains sont installés à l’entrée du HQ de Samsung en Corée du sud, et chez Orange, un téléopérateur surpris en train de brancher une clé USB peut y laisser sa place.

Outre la menace forte à laquelle les pays doivent faire face, le développement de la cyberguerre présente cependant des aspects positifs : dune part, si les cyberguerres remplacent les « vraies » guerres, les victimes technologiques pourraient remplacer les victimes humaines, d’autre part si les virus informatiques s’infiltrent partout, on peut espérer que, comme pour la menace nucléaire, la puissance des cyberattaques pourrait avoir un effet dissuasif, et pourquoi pas, pacificateur…

Source : http://www.presse-citron.net

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